Monsieur Linh, un vieux monsieur, fuit sa patrie - est-ce le Vietnam ? - après la mort de son fils et de sa belle-fille. Il emmène avec lui Sang Diû, sa petite fille, la prunelle de ses yeux, bébé calme et obéissant qui aime que son grand-père lui chante une chanson : 'Toujours il y a le matin / Toujours revient la lumière / Toujours il y a un lendemain / Un jour c'est toi qui seras mère.Il a quitté son village dévasté par la guerre, n'emportant avec lui qu'une petite valise contenant quelques vêtements usagés, une photo jaunie, une poignée de terre de son pays. Après un long voyage en bateau, ils débarquent dans une ville froide et grise, avec des centaines de réfugiés.
Monsieur Linh a tout perdu. Il partage désormais un dortoir avec d'autres exilés qui se moquent de sa maladresse. Dans cette ville inconnue où les gens s'ignorent, il va pourtant se faire un ami, Monsieur Bark, un gros homme solitaire. Ils ne parlent pas la même langue, mais ils comprennent la musique des mots et la pudeur des gestes. Monsieur Linh est un c½ur simple, brisé par les guerres et les deuils, qui ne vit plus que pour sa petite fille.
L'histoire est simple. tellement simple que tout le long du livre on ne comprend pas où veut en venir l'auteur à part de nous faire la description de la douleur de ce pauvre homme. Il dépaint aussi la souffranbce des exilés de se trouver en "terre inconnue": Un nouveau décor, une nouvelle langue et des nouvelles odeurs. Et puis la fin est poignante ... La douleur et la détresse sont magnifiquement décrites tout le long du livre.
EXTRAITS
"Il se rappelle alors qu'il est seul au monde, avec sa petite fille.Seuls à deux.Que son pays est loin."
"... la nuit a fait éclore dans la ville des milliers de lumières qui scintillent et paraissent se déplacer.On dirait des étoiles tombées à terre et qui cherchent à s'envoler de nouveau vers le ciel. Mais elles ne peuvent le faire. On ne peut jamais s'envoler vers ce qu'on a perdu, songe alors Monsieur Linh."